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 Démodécie féline

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Priscillia
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Messages : 657
Date d'inscription : 15/10/2014
Age : 30
Localisation : Liège

MessageSujet: Démodécie féline   Lun 16 Mar - 12:40

Voici le rapport d'une thèse vétérinaire en dermatologie féline qui va nous éclairer un peu plus sur la démodécie, mais qu'est-ce-que la démodécie  7a25d9a  



C'est une affection cutanée (dermatose) parasitaire (causée par le demodex,un petit parasite). 

La démodécie :

la "forme juvénile" apparaît généralement avant 3 ans âge (Animal) et est de


bon pronostic. Une "forme adulte" concerne les chats âgés de plus de 5 ans âge (Animal) et
est de pronostic variable car elle est parfois associée à une maladie intercurrente (FIV, FeLV,
diabète sucré, hypercorticisme, infection des voies respiratoires supérieures, toxoplasmose
entre autre)

A. Principales manifestations cliniques de ces dermatoses


Du fait du comportement souvent solitaire et secret des chats, le motif de
consultation est généralement peu précis : animal qui se lèche, qui perd ses poils…. Or
nombreuses sont les affections cutanées qui se ressemblent cliniquement. Les caractéristiques
cliniques des dermatoses ci-dessous vont nous permettre de dégager un certain nombre
d’éléments diagnostiques à intégrer dans la fiche clinique,
éléments sur
lesquels porteront des questions pertinentes à poser au cours de l’examen clinique général et
dermatologique du chat, afin de préciser les circonstances d’apparition de l’affection en cours.


cette parasitose est relativement rare chez le chat par rapport au chien. Les
lésions cutanées sont variables et peu évocatrices : alopécies localisées ou diffuses plus ou
moins symétriques, érythème, squamosis, érosions, croûtes, séborrhée, comédons,
hyperpigmentation, ulcérations, macules, papules et/ou pustules lésions cutanées .
Une otite bilatérale érythémato-cérumineuse est fréquemment observée et peut en constituer
la seule manifestation clinique Examen dermatologique. Chez le chat Persan, une
forme clinique particulière est observée : la séborrhée grasse faciale lésions cutanées.
Le prurit est d’intensité variable prurit. Les localisations préférentielles sont initialement la
tête et le cou puis, plus rarement, le tronc et les membres localisation des lésions.


B. Diagnostic différentiel


Certaines dermatoses ont des localisations corporelles qui leur sont propres :
l'exemple type est celui du pemphigus foliacé dont les lésions périmamelonnaires sont
pathognomoniques. Quatre autres grandes topographies corporelles lésionnelles
localisation des lésions sont définies afin de faciliter la démarche diagnostique : la tête
(face, pavillons auriculaires et cou), le tronc et la queue, les extrémités (pattes, coussinets,
replis unguéaux et ongles), les jonctions cutanéo-muqueuses et la cavité buccale. Cette
première approche de diagnostic différentiel est à confronter avec l'aspect lésionnel et
anamnestique des dermatoses.





SYMPTOMATOLOGIE CUTANEE
CHEZ LE CHAT



Les symptômes cutanés sont variés chez le chat, d'autant plus qu'il existe des
manifestations cutanées qui lui sont propres. Son comportement de toilettage brouille
fréquemment les pistes d'une dermatose associée à un prurit primaire et les propriétaires ne
font le plus souvent pas la différence avec un toilettage pathologique au cours duquel l'animal
se lèche, se gratte et /ou se mordille plus intensément et plus fréquemment. Il est donc
important de connaître les principales dermatoses associées à un prurit primaire pour pouvoir
établir un diagnostic différentiel rapide au moindre comportement de toilettage anormal.
D'autres dermatoses se manifestent par des lésions cutanées "classiques" : leur connaissance
est également un élément sémiologique important à intégrer dans un diagnostic différentiel.


A. Modalités réactionnelles propres au chat


Le prurit, quelle que soit son origine (parasitaire, virale, allergique…), s'accompagne le plus
souvent de manifestations cutanées inhérentes au chat. On distingue :
-la dermatite miliaire
-le Complexe Granulome Eosinophilique (C.G.E.)
-l'alopécie extensive féline
-la dermatite ulcérative pré-auriculaire


Le Complexe Granulome Eosinophilique (C.G.E.)

Il s'agit d'une modalité réactionnelle dont les causes sous-jacentes sont
essentiellement des parasitoses et des hypersensibilités. Elle se manifeste sous trois
entités cliniques principales très distinctes à savoir l'ulcère atone, la plaque éosinophilique et
le granulome éosinophilique.

a) Ulcère atone

Encore appelé ulcère indolent, il est considéré comme l'entité clinique la plus
fréquente du CGE. Il apparaît au début sous la forme d'un simple érythème puis évolue en
ulcération de couleur rouge à brun, alopécique et brillante, bien circonscrite, aux rebords
surélevés et très fermes et d'une taille variant de 2 mm à 5 cm de longueur lésions cutanées
. L'ulcère se localise généralement sur la lèvre supérieure, en regard du croc voire
de part et d'autre du planum nasale, à la jonction cutanéo-muqueuse localisation des
lésions. Une localisation sur le palais dur est également observée localisation des
lésions. Cette lésion est parfois impressionnante mais elle n'est ni gênante ni douloureuse
pour l'animal prurit. Une évolution néoplasique de l'ulcère est possible. Une
atteinte palatine peut provoquer de petites hémorragies dont la chronicité peut être à l'origine
d'une anémie Anamnès. D'autres entités du CGE peuvent être présentes sur un même
animal. Les femelles sexe (Animal) seraient prédisposées.

b) Plaque éosinophilique

Les chats atteints ont habituellement entre 2 et 6 ans âge (Animal). Une
association avec une hypersensibilité ou une ectoparasitose est presque systématique
Examen dermatologique. Les plaques sont le plus souvent localisées sur l'abdomen
(région de l'ombilic), les faces médiales ou postérieures des cuisses, la région péri-anale, la
face crâniale des métacarpiens, les ars, la région inguinale, le cou et les espaces interdigités
localisation des lésions. Elles apparaissent en relief, plus ou moins bien
délimitées, et sont généralement très érythémateuses, luisantes, suintantes, alopéciques et
fréquemment ulcérées lésions cutanées. Ces plaques sont souvent considérées comme
une coalescence de lésions de dermatite miliaire Anamnèse dermatologique. D'autres
entités du CGE peuvent être présentes sur le même animal Examen dermatologique. Le
prurit est intense et se manifeste par un léchage continu prurit. Les femelles sexe
(Animal) seraient prédisposées.

c) Granulome éosinophilique

Il affecte en général les chats de moins de 2-3 ans âge (Animal) et de fortes
prédispositions familiales sont décrites. Ce granulome se présente sous différentes formes
cliniques :
-une plaque linéaire, bien délimitée, indurée, incolore ou rosée, non luisante, aux bords
surélevés, squameuse avec une peau intacte et une alopécie variable lésions cutanées ;
elle représente la forme classique du granulome éosinophilique. Les localisations
préférentielles sont la partie caudale ou médiale des membres postérieurs et plus rarement
le cou, le thorax et les membres antérieurs localisation des lésions. Elle ne semble pas
être gênante pour l'animal. Les jeunes chats âgés de 6 mois à 1 an sont plus fréquemment
atteints âge (Animal). 
-des plaques érythémateuses et croûteuses ou des nodules lésions cutanées sur les
pavillons auriculaires localisation des lésions.
-une pododermatite avec ulcération des coussinets, érythème interdigité ou un oedème des
coussinets localisation et lésions cutanées.
-un oedème lésions cutanées de la lèvre inférieure ou du menton (ferme, arrondi et
asymptomatique) localisation des lésions.
-une forme buccale qui se manifeste par des nodules granulomateux fermes et des
ulcérations avec des foyers blanchâtres de nécrose collagénique lésions cutanées. Ces
lésions affectent la langue, le palais dur et/ou les amygdales localisation des lésions.
Les ulcérations peuvent causer des pertes de sang dont la chronicité favorise préfigure une
anémie et la douleur occasionnée est souvent associées à une dysphagie alimentation
(Mode de vie).

L'alopécie extensive féline

Appelée également alopécie auto-induite ou alopécie symétrique, elle correspond à
une perte de poils secondaire à un léchage excessif, sans aucune lésion cutanée inflammatoire
; de fréquents vomissements de trichobézoards sont alors observés Anamnèse.
L'alopécie lésions cutanées atteint les régions facilement accessibles à savoir la face
interne et médiane des membres, l'abdomen, les flancs, les ars et les régions inguinales
localisation des lésions. Il est bon de rappeler à ce sujet que l'abdomen du chat est
recouvert de poils contrairement au chien : ceci n'est pas forcément évident pour le
propriétaire tout comme d'ailleurs la différence entre un toilettage physiologique et
pathologique : le vétérinaire doit donc rester vigilant sur l'anamnèse rapportée. Une allergie
aux piqûres de puces Examen dermatologique est souvent la cause principale d'apparition
de cette alopécie, surtout si les lésions sont en région inguinale ; d'autres causes (fongiques,
parasitaires ou allergiques) moins fréquentes sont également décrites : une douleur organique,
osseuse…et un trouble comportemental ne sont pas à exclure. Un trichogramme permet
l'observation de poils fracturés et de racines en phase anagène.

Dermatose associée à un prurit primaire

Les dermatoses citées ci-dessous manifestent initialement un prurit dont l'intensité
conditionne par la suite la gravité des lésions auto-induites.

Démodécie : le prurit est d'intensité variable (0à+++)
Dermatoses pustuleuses

Les pustules sont des lésions primaires très peu observées chez le chat : à leur
fragilité extrême est associée le comportement de toilettage du chat qui les éliminent
rapidement. Les dermatoses ci-dessous sont généralement associées à des pustules ; elles
seront justes citées.

Origine parasitaire : démodécie

Pododermatoses

Les pododermatoses peuvent correspondre à des lésions cutanées spécifiques
(périonyxis bactérien, pododermatite plasmocytaire, métastase cutanées d'adénocarcinome
pulmonaire…) ou non spécifiques, et être alors une manifestation cutanée de dermatoses
corporelles variées.
Une particularité féline est la présence d'un tissu original mésodermique développé, dénommé
coussinet fibro-myxoïde et situé entre l'insertion de la griffe et la troisième phalange, qui est à
mettre en relation avec l'importance des affections péri-unguéales dans cette espèce.


Démodécie : les membres sont atteints dans leur ensemble et sont secondairement le siège de
lésions érythémateuses et squamo-croûteuses.


APPORTS DES EXAMENS
COMPLEMENTAIRES



La mise en oeuvre d'examens complémentaires doit être abordable et judicieuse. Les résultats sont ensuite confrontés aux hypothèses diagnostiques pour aboutir
au diagnostic définitif.


A. Principaux examens complémentaires disponibles

1. Examens complémentaires de 1ère intention : principes

a) Observation à la loupe

Le peignage et le brossage du pelage permettent entre autre de récupérer sur un
papier des ectoparasites (puces, poux, cheyletielles, tique…) qui sont ensuite observés à la
loupe binoculaire ou au microscope.

b) Observation au lactophénol

Le lactophénol est utilisé pour éclaircir l’étalement de prélèvements en amas (poils,
cérumen…) et permettre une meilleure observation au microscope. Cet examen est utilisé
principalement pour l’observation de parasites (200 à 600 microns), de l’aspect des poils ou
de l’éventuelle présence de dermatophytes au sein de ceux-ci (trichogramme). Les trois
techniques suivantes en découlent :

Trichogramme : une dizaine de poils est prélevée par arrachement (épilation) dans le sens de
la pousse, à l'aide d'une pince ou avec les doigts. On note si cette épilation est aisée ou non.
Les poils sont ensuite disposés parallèlement au grand axe de la lame en les écartant les uns
des autres. L'observation microscopique s'effectue dans du lactophénol entre lame et lamelle ;
elle porte successivement sur la structure et la
composition du bulbe, de la tige et de l'apex qui peuvent subir de nombreuses modifications :
envahissement par des spores et des filaments (dermatophytes), manchon de sébum (acné,
démodécie), altérations cariées de la cuticule (pili torti, dysplasie pilaire…). En cas de
léchage excessif, l'extrémité pilaire se cesse et des fragments de poils ingérés sont retrouvés
dans les selles  coprologie. 

Raclage profond : les poils de la région étudiée sont préalablement coupés aux ciseaux pour
faciliter le prélèvement. Un pli de peau est fortement pressé (recherche de Demodex dans les
follicules pileux) et raclé vigoureusement, toujours dans le même sens et perpendiculaire au
pli de peau, jusqu'à la rosée sanguine (recherche de Demodex). Ce raclage s'effectue à l'aide
d'une lame de scalpel préalablement passée dans du lactophénol ou une huile minérale (pour 
récupérer le produit du raclage) et concerne plutôt la périphérie des lésions, en évitant les
zones croûteuses. Le prélèvement (squames, cellules épithéliales, poils voire Demodex) est
dilacéré et écrasé dans du lactophénol puis observé entre lame et lamelle au microscope
. Cet examen est surtout utilisé pour identifier des
acariens à différents stades évolutifs : gales, cheylétielles, Demodex sp. et poux. 

Ecouvillon auriculaire : lors d'une recherche de parasites (Otodectes voire Demodex), le
matériel obtenu par écouvillonnage (ou curetage) des conduits auditifs externes est déposé sur
une lamelle, dilacéré dans du lactophénol, recouvert d'une lamelle puis observé.

c) Cytologie (coloration RAL 555)


La coloration des prélèvements permet d’observer distinctement l’aspect des cellules
(quelques microns) et des micro-organismes de moins d’un micron (bactéries, levures...). Les
quatre techniques suivantes en découlent :


Calque : une lame préalablement dégraissée est appliquée sur une lésion superficielle
exsudative, ulcérée ou sur le contenu d'une pustule fraîchement décalottée à l'aiguille fine. La
lame est rapidement séchée puis colorée. L'observation au microscope (sans lamelle)
s'effectue à l'objectif 10 pour rechercher les zones riches en cellules et bien colorées puis en
immersion à l'objectif 100. Cette technique est utilisée pour observer des germes
(bactéries, Malassezia, autres agents de mycoses), des leucocytes (granulocytes neutrophiles
pour les dermatoses inflammatoires, granulocytes neutrophiles dégénérés et images de
phagocytose pour les lésions purulentes, granulocytes éosinophiles pour les allergies et les
parasitoses), des cellules tumorales (mastocytome) et des cellules acantholytiques
(pemphigus).

Scotch-test : cet examen utilise une bande de ruban adhésif transparent que l'on applique dans
les espaces interdigités ou les zones lichénifiées (recherche de Malassezia ou de bactéries) et
les zones squameuses (recherche de Cheyletiella). Le scotch est coloré comme un calque et
collé sur une lame pour l'observation microscopique de germes ou collé directement pour la
recherche d'ectoparasites. Les germes sont cependant moins bien colorés que sur un calque.

Raclage superficiel : cet examen procède globalement de la même façon que pour un raclage
profond, le prélèvement étant comme son nom l'indique plus superficiel, coloré et observé sur
une lame (objectifs puis 100 à immersion). Cet examen permet surtout d'observer des
Malassezia superficielles.

Ecouvillon auriculaire : le prélèvement s'effectue à l'aide d'un écouvillon (ou d'une curette)
qui est ensuite roulé sur une lame (3 bandes environ dans le sens de la longueur) et coloré
comme un calque pour une recherche de germes (bactéries, levures) ou de cellules
inflammatoires.

2. Examens complémentaires à résultats différés

Ils comprennent un ensemble d'analyses nécessitant des cultures ou la mise en oeuvre
de techniques sophistiquées, dont les résultats impliquent souvent la participation d'un
laboratoire spécialisé et compétent.

B. Apports des examens complémentaires


Démodécie : l'examen complémentaire de choix est un raclage cutané profond pour mettre
en évidence les parasites (Demodex sp.) à différents stades évolutifs. Cet examen
s'accompagne d'une recherche de maladie sous-jacente comme par exemple une rétrovirose
(tests FIV-FeLV), un diabète sucré (biochimie)….

Anamnèse


1. Anamnèse générale

La maîtrise de la reproduction présente des avantages et des inconvénients : chez la
chatte, la contraception n’est pas dénuée d’effets secondaires (diabète, tumeur mammaire…),
et la castration des chats limitent leur agressivité et les dermatoses bactériennes et virales qui
s’en suivent. Plus généralement, la précocité de la stérilisation ou de la castration (date de
l’acte à préciser) diminue les risques d’apparition de tumeur mammaire, d’abcès ou de viroses
cutanées.
Certaines dermatoses se manifestent ou peuvent faire suite à des affections autres que
dermatologiques, d’où l’importance de les préciser. La fiche propose une liste non
exhaustive des maladies éventuellement contractées.
L’espèce féline dispose de kits de détection de viroses (FIV et FelV) dont les résultats
conditionnent le pronostic général.
Toute intervention chirurgicale est importante à noter : la démarche diagnostique peut être
orientée par rapport à l’absence d’un organe qui aurait pu être impliqué dans la dermatose en
cours (tumeur du pancréas, d’un ovaire…)
Les traitements autres que dermatologiques doivent également être précisés afin de retenir une
hypothèse de dermatose médicamenteuse, de prendre en compte l’influence de certaines
substances (corticoïdes, antihistaminiques, progestatifs) sur l’évolution de la dermatose, et
d’établir un traitement dermatologique (interaction médicamenteuse).


2. Anamnèse dermatologique

La date de l’apparition de l’épisode en cours permet de déterminer l’âge
d’apparition, la durée et la saisonnalité.
L’étude précédente a montré que des dermatoses débutent préférentiellement dans certaines
zones et présentent des lésions primaires spécifiques d’où l’importance de préciser la
localisation et les lésions initiales observées par le propriétaire.
L’apparition de la dermatose en cours peut être liée à un changement d’ordre
environnemental, alimentaire, comportemental, thérapeutique…Lorsque le problème est
récurrent, l’influence d’une saison ou d’un lieu (présence d’allergènes, de parasites)…peut
être signalé.
La précision du mode d’évolution, chronique ou aigu, permet de distinguer des processus
néoplasiques de processus traumatiques ou allergiques par exemple.
Les épisodes dermatologiques antérieurs sont à notés pour suivre l’historique d’une
dermatose persistante (dermatite atopique) ou chronique (DHPP).
Les examens complémentaires antérieurs informent sur la fiabilité du diagnostic précédent
et des traitements mis en place.
Les traitements dermatologiques antérieurs et actuels permettent d’apprécier la posologie,
la durée et l’observance des traitements. La précision du ou des produits utilisés peuvent
suggérer, pour la dermatose en cours, un accident cutané médicamenteux ou une allergie de
contact à certains topiques. Les corticoïdes permettent souvent une amélioration transitoire
des hypersensibilités.
Certaines dermatoses (cheyletiellose, pulicose, teigne…) sont des appelées dermatozoonoses
pour lesquelles l’agent étiologique est responsable de lésions cutanées chez l’Homme
(contagion animaux / Homme).



3. Prurit

Le prurit n’est souvent pas observé par le propriétaire. Les principales
manifestations, quand elles sont observées, sont un léchage intensif (rencontré lors d’alopécie
extensive féline), des griffures ou des morsures (automutilation).
Il est bon également de préciser l’intensité et la fréquence du prurit : l’intensité peut être nulle
à +++ (difficile d’empêcher l’animal de se gratter, automutilation) et la fréquence dépend de
l’appréciation du propriétaire, celle-ci étant maximale lorsque l’animal se lèche fréquemment
pendant la consultation.
Certains facteurs aggravants peuvent être notés : la température (le froid rend moins
propice la multiplication des germes et des parasites), l’intérieur d’un logement (acariens
d’intérieur) ou le milieu extérieur (pollens), la saison (période de pollinisation, activité
parasitaire) ou le soleil (dermatoses photosensibles).
Le propriétaire doit aussi préciser si l’apparition du prurit est antérieure, simultanée
ou postérieure aux lésions, le premier cas correspondant à un prurit primaire, à l’origine des
lésions observées (dermatoses allergiques), qu’il faut différencier des autres circonstances
d’apparition.



Certaines dermatoses se manifestent par un prurit localisé à la tête (démodécie, otacariose…),
au tronc (phtiriose…), …etc.
Le prurit est le plus souvent corticosensible ; cependant certaines dermatoses répondent mal
ou peu à l’administration de corticoïdes (allergie alimentaire), voire s’aggravent (démodécie).



4. Les ectoparasites

Le propriétaire est le plus à même de signaler la présence de puces sur l’animal avant
de venir consulter. L’infestation des congénères suggère fortement celle du chat examiné et
un éventuel traitement de l’ensemble des animaux.
La précision du traitement effectué doit comporter le nom, le type de produit utilisé (spot-on,
spray, collier…) et la date (efficacité obsolète si trop ancien) par rapport à l’animal et
l’environnement.



E. Examens cliniques



1. Examen clinique général

La première étape d’un examen clinique consiste à examiner l’animal dans son
ensemble afin de vérifier s’il ne présente pas de maladie intercurrente ou d’observer les
autres manifestations cliniques de la dermatose en cours.
- la température : témoin le plus souvent du stress, mais aussi de maladie infectieuse.
- les muqueuses : noter la couleur (anémie si pâles) et les éventuels ulcères au niveau des
jonctions avec la peau.
- l’atteinte de l’état général associé ou non à un amaigrissement, une déshydratation : oriente
souvent vers un processus viral, tumoral ou infectieux.
- les ganglions : une lymphadénopathie suggère souvent chez le chat un processus tumoral ou
viral.
- l’appareil digestif : diarrhée et allergie alimentaire.
- l’appareil respiratoire et cardiovasculaire : à contrôler en cas d’anesthésie, présence d’un
coryza.
- l’appareil locomoteur : boiteries et pododermatite.
- l’appareil urinaire : maladies rénales ou du bas appareil urinaire.
- l’appareil reproducteur : présence de testicules ectopiques.
- les yeux : uvéite et PIF.



2. Examen clinique dermatologique

Les oreilles sont à examiner en premier, sous peine de les oublier au cours de
l’examen.. Différents éléments cliniques observés à leur niveau sont à préciser, avec, en
premier lieu, l’apparence normale de ces structures.
La présence d’un réflexe audito-podal est à explorer : c’est un signe de prurit au niveau du
conduit auditif. Des oreilles prurigineuses indiquent généralement la présence d’un
parasitisme local (otacariose) ou d’otites (d’origine allergique, auto-immune, tumorale…).
Une douleur peut apparaître suite à un corps étranger, un processus tumoral ou à médiation
immune…



Les dermatoses touchent parfois une face précise du pavillon auriculaire : le
pemphigus foliacé et les érythèmes allergiques se manifestent par exemple sur la face interne,
la chondrite auriculaire sur le bord du pavillon…etc.
Les lésions observées au niveau du conduit sont généralement un érythème
(processus allergique, otite à Malassezia…), des ulcérations (processus auto-immun…), ou
des déformations (processus tumoral, allergique…).
Le cérumen peut prendre différents aspects : brun et friable lors d’otacariose, purulent lors
d’otite bactérienne, et brunâtre le plus souvent.
Il est parfois nécessaire de vérifier l’intégrité des tympans (traitement avec des aminosides par
exemple) : ceci est réalisé par le consultant à l’aide d’un « vidéo-otoscope ».
Les infestations par les puces étant relativement fréquentes, le clinicien notera au cours de cet
examen la présence ou non d’adultes et /ou de leurs excréments.


3. Sémiologie cutanée

La fiche clinique propose des silhouettes de chat sur lesquelles l’étudiant doit
reporter les lésions primaires et/ou secondaires observées. L’originalité de cette étape est
qu’elle permet de distinguer des manifestations cliniques propres au chat (dermatite miliaire,
granulome éosinophilique…) et propose également d’examiner des sites lésionnels
particuliers comme la cavité buccale, fréquemment touchée chez cet animal.

4. Bilan clinique

Il correspond à un descriptif concis et pertinent du signalement, de l’anamnèse et de
la clinique le jour de la consultation et permet de « visualiser » l’animal par une personne qui
ne l’a pas vu, par exemple lors d’un suivi quelques semaines après.

5. Hypothèses diagnostiques

Le consultant doit différencier les causes primaires des complications, motiver
chaque hypothèse (en les hiérarchisant) et proposer des examens complémentaires adaptés.

6. Examens complémentaires

L’étude bibliographique a décrit et montré les indications des différents examens les
plus couramment utilisés en dermatologie féline. Ceux-ci sont reportés dans la fiche de
consultation. A cette étape, le consultant doit également détecter la présence de puces ou de
leurs excréments ainsi que la présence éventuelle d’autres parasites (tiques, poux,
cheyletielles, aoûtats…), identifiés à l’aide d’une loupe binoculaire.

7. Diagnostic

Le diagnostic définitif est rarement posé dès la première consultation. Seules des
parasitoses diagnostiquées par les examens complémentaires et répondant totalement au
traitement, ou des dermatoses présentant une histologie pathognomonique (tumeurs), peuvent
avoir un diagnostic définitif et rapide.

8. Conduite à tenir

Un traitement est choisi en fonction du diagnostic (ou des hypothèses les plus
probables en attente des résultats des examens complémentaires), de la disponibilité du
propriétaire et de sa faisabilité (chat sauvage).
L’ordonnance doit préciser la forme galénique, la posologie, la fréquence d’administration et
la durée du traitement.
L’anamnèse a pu montré une éventuelle réaction médicamenteuse qu’il est bon de rappeler
dans cette étape afin d’avoir à l’esprit le médicament en cause lors de la rédaction du
traitement.

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