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 En Europe Médiévale

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Priscillia
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MessageSujet: En Europe Médiévale   Dim 9 Nov - 21:07

Le chat a plutôt bonne réputation dans l'Europe du bas Moyen Âge, surtout à la campagne, où les paysans l'apprécient pour ses talents de chasseur, particulièrement dans les écuries et les entrepôts. Malgré le jugement de l'église catholique romaine qui le considérait comme une créature démoniaque, les couvents et les monastères s'en servaient contre les rongeurs. Les irlandais considèrent même que les aliments entrés en contact avec un chat, comme avec d'autres animaux, ne sont plus consommables et deviennent impurs. Les différents pénitenciers éditent des punitions variant d'un jour de jeûne à plusieurs jours d'une diète stricte à base de pain et d'eau pour les gens ayant avalé un quelconque aliment ou liquide entré en contact avec un animal, en connaissance de cause ou non. Au même titre, trop de familiarité avec les animaux et particulièrement avec le chat qui est le seul animal ayant accès à toute la maison, est désapprouvé par l'Église.

Les premières persécutions commencèrent par palier au Ve siècle, Saint Patrick puis le pape Grégoire le Grand déclarèrent encore leur affection pour le chat. On peut encore observer à cette époque des chats sur les représentations de Sainte Agathe et Sainte Gertrude. Le chat bénéficiait encore d'un respect certain au XIe siècle lorsque les premières hordes de rats noirs arrivèrent en Europe pour dévorer les céréales et les fruits.

Malheureusement, le renouveau des cultes païens après la peste noire et la résurgence du culte de Freyja, la déesse germano-scandinave de la fécondité, vers le milieu du XIVe siècle, provoqua la perte du chat, qui fut désormais associé aux cultes infernaux, manifestement en raison de son adoration passée de la part des païens et surtout de la réflexion de la lumière dans ses yeux, qui passait pour être les flammes de l’Enfer. Dans la symbolique médiévale, le chat était associé à la malchance et au mal, d’autant plus quand il était noir, ainsi qu’à la sournoiserie et à la féminité. Son comportement sexuel démonstratif, son grand besoin de sommeil considéré comme de la paresse et ses vagabondages ont contribué à lui forger une image négative. C’était un animal du diable et des sorcières. On lui attribuait des pouvoirs surnaturels, dont la faculté de posséder neuf vies. Chez les chats noirs, couleur associée au diable, seule une tache blanche sur le poitrail ou le cou leur permettait la clémence car on considérait que c'était une manifestation divine.

L'inquisition, le pape Innocent VII et son édit de 1484, firent alors sacrifier des chats pour les fêtes populaires, ce qui marqua une grandes période de persécution pour le félin23. Cet édit eut un impact important sur les couches populaires, particulièrement fanatique, puis s'étendit lentement sur la noblesse41.

Le chat était considéré comme le déguisement du diable sur Terre pour ses visites, et fut condamné ainsi que ses maitres les sorciers et les sorcières. Selon certaines sources, ils furent alors nombreux à être brulés vifs sur les places publiques. D'autres affirment cependant que les rares enquêtes de grande envergure menées dans les archives infirment cette hypothèse. Les condamnations de chats au bûcher seraient aussi marginales que celles de coqs et l'on y trouverait plus de crapauds ou de loups.

Perronneau : Magdaleine Pinceloup de La Grange

En Angleterre, sous le règne de Marie Tudor, on brûla le chat comme le signe de l'hérésie protestante, alors que sous Élisabeth Ire, on le brûlait comme le symbole de l'hérésie catholique.

L'inquisition réunissait dans un même feu de joie les hérétiques, les sorcières, les assassins et les chats pour la nuit de la Saint Jean. Sur les grands places de bon nombre de communes, les villageois, érigeaient des bûchers dans lesquels ils jetaient les chats qu'ils avaient capturés. C'est ainsi que le chat se trouva absent de la grande Peste noire du XIVe siècle. Les croyances durèrent quelques siècles, alimentées par les hommes d'églises ainsi que les souverains et les princes.

Cependant, la Renaissance marqua un certain retour en grâce du chat, principalement en raison de son action préventive contre les rongeurs, dévoreurs de récolte. Il faudra attendre 1648 pour que le roi Louis XIV, grand amateur de chats, fasse interdire le bûcher pour les chats le soir de la Saint-Jean, qu'il qualifiait de tradition barbare et primaire. Cependant ce n'est qu'après la Révolution française que les bûchers sont considérés unanimement comme des superstitions et des actes de cruauté.

Utilisations du chat


Durant le Moyen Âge, outre pour la chasse aux souris, le chat est utilisé à plusieurs fins, notamment médicales et alimentaires.

La médecine médiévale a utilisé diverses parties provenant des chats pour la préparation d'onguents et de médicaments. Fréquemment, des excréments de chats entrent dans la préparation de recettes censées ralentir la chute de cheveux ou guérir la fièvre ou l'épilepsie. La graisse et la moelle de chat se retrouvent dans les préparations soignant l'arthrite et autres douleurs articulaires ainsi que la goutte et les chairs de chats sont utilisées pour soigner les maux de dos ou traiter les hémorroïdes. Certains traités de médecine précisent même la couleur du chat à employer suivant que l'affection soit de cause chaude ou froide. Dans le cas d'un mal de cause chaude un chat noir est conseillé, tandis qu'un chat blanc est indiqué pour les maux de cause froide.

Dans les périodes de famine ou de siège, le chat est consommé comme viande. C’est une ressource qui présente l'avantage d'être peu chère et facilement trouvable. Manger du chat est toutefois considéré comme une barbarie lorsque c'est une question de goût et non de nécessité, du moins en France. Il semblerait que l’Espagne consomme du chat de façon plus régulière, hors des périodes de famine. Des recettes de rôti de chat ont été éditées par Ruperto de Nola, auteur du premier livre de cuisine en espagnol et cuisinier du roi de Naples.

Le chat domestique a également été utilisé pour sa fourrure durant tout le Moyen Âge. Les fourrures provenant de chats étaient avant tout destinées au peuple et non à la noblesse car elles étaient peu chères et comparées en qualité à celles des lapins, agneaux et renards. On en faisait des couvertures, carpettes ou coussins de chaises. Les pelletiers, commerçants de peaux, attrapaient les chats de la rue ou récupéraient les cadavres avant de les dépecer et revendre leur peau. Il était alors courant de conseiller de brûler les poils de son chat afin qu’il vagabonde moins et ne se fasse pas attraper par un pelletier.


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poupounne
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MessageSujet: Re: En Europe Médiévale   Ven 27 Fév - 10:59

merci ma belle pour cette histoire et c'est triste de bruler les pauvres chats franchement.
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En Europe Médiévale
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